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Avant de faire son Master of Arts au Royal Collège de Londres en 1993, Robert Davies avait déjà derrière lui une carrière de coursier, de documentariste de chasse et d’aventurier en Inde. Les séries photographiques de cet expérimentaliste britannique ne sont pas moins variées que sa biographie. Que ce soit en créant sans appareil des compositions photographiques multicolores dans l’obscurité de sa chambre noire, en photographiant des paysages de brume romantiques, en saisissant avec force de précision et de netteté tous les détails d’une formule 1 ou en s’essayant à toutes sortes d’expositions multiples et de longue durée, Robert Davies ne rate pas une occasion d’exploiter toutes les possibilités de la photographie. Lorsque enfin un milliard de téléspectateurs est en train de suivre un match de la coupe du monde de football c’est pour lui un devoir que d’étudier et saisir ce phénomène d’observation et de synchronisation de masse. Les plans et leur esthétique de vidéo de surveillance ont quelque chose de fantomatique. Mais ce que nous voyons, souvent flou et schématique, n’a rien à voir avec d’accidentelles scènes de crimes. Il s’agit bien au contraire des scènes clefs du destin : les moments de gloire et les buts tirés par nos héros modernes. Aussi lorsque Robert Davies parvient à abstraire la formule 1 de sa vitesse ou bien à représenter l’hystérie d’un banal jeu de foot tel un combat de gladiateurs, il ne distingue plus les limites entre documentation et abstraction et bouleverse chaque fois avec délices nos habitudes visuelles. Dr. Boris von Brauchitsch